# Semaine du 05 janvier 2026
*Ces entrées appliquent l’orthographe rectifiée. Adieu les petits accents circonflexes ! Pour recevoir gratuitement ma newsletter qui propose une édition mensuelle de ce Journal, c'est par [ici](https://enzodaumier.substack.com).*
## Lundi 05 janvier
Il est peut-ĂŞtre temps d’envisager de basculer vers des solutions technologiques europĂ©ennes [alternatives](https://european-alternatives.eu/alternatives-to).Â
Des annĂ©es durant, j’ai utilisĂ© Google, Bing et DuckDuckGo pour mes recherches internet, je viens de passer Ă Ecosia, le moteur de recherche d’origine allemande, qui reverse 80% de ses profits et qui plante des arbres.Â
Je devrais aussi quitter Gmail et compagnie. C’est beaucoup de boulot, et je suis un flemmard de première, mais, vu la situation internationale, peut-être qu’un petit désagrément maintenant est préférable à un gros choc plus tard.
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## Mardi 06 janvier
Ces derniers jours, j’ai passĂ© davantage de temps sur Twitter pour suivre l’actualitĂ© internationale. Cela m’a permis d’observer le fonctionnement de l’algorithme : chaque jour, il essaye de ramener l’utilisateur vers des tweets bouffons ou stupides. En somme, du slop créé par un humain ou par l’IA.Â
Pourtant, les analyses et commentaires politiques continuent Ă ĂŞtre publiĂ©s sur la plateforme, mais l’algorithme cesse de les montrer (ou s’efforce de les montrer en moindre quantitĂ©), malgrĂ© mes likes et retweets (qui indiquent clairement ma prĂ©fĂ©rence). La merde se trouve amplifiĂ©e, quoi que je fasse.Â
Ce monde technologique mériterait que je le quitte. Mais mon cerveau est tout bonnement accroc. Le plus souvent avec succès, je m’efforce de diminuer ma consommation, mais un sevrage absolu, bien que nécessaire, est inenvisageable.
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## Jeudi 08 janvier
Horreur aux États-Unis, le pays des fous armés. Meurtre gratuit d’une mère de famille, suivi d’une campagne vicieuse de diabolisation. Les proches de Renee Nicole Good doivent maintenant vivre avec cette double injustice. C’est à se désespérer de l’espèce humaine.
Trump, Vance et cet agent masqué du ICE iront droit en enfer… Et si l’enfer n’existe pas, nul doute qu’on l’inventera pour eux.
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## Vendredi 09 janvier
J’ai l’impression que les rimes ne passent que dans les chansons. Difficile de les prendre au sérieux dans un poème sans musique. Surtout de nos jours. Peut-être parce que le 20e siècle en a ridiculisé l’usage. La rime est la marque d’une poésie adolescente et mièvre, très souvent maladroite.
J’affirme cela, tout en me doutant que c’est faux. Nous avons perdu l’habitude de la rime, c’est tout. Un jour ou l’autre, elle fera un retour triomphant. C’en est ainsi de toutes les pratiques littéraires. Le progrès en littérature ne se traduit pas par la disparition irréversible de la rime… ou, en prose, par celle du passé simple et du narrateur à la troisième personne (!).
La poésie elle-même reviendra sur le devant de la scène. Il y a des pays, comme l’Iran ou la Corée du Sud, où elle ne l’a jamais quittée. D'ailleurs, la diminution de notre capacité d'attention appelle son retour. Le format court est parfait pour notre époque.
L’envie de me remettre Ă la poĂ©sie me titille. Depuis un an ou deux — ce journal en garde la trace — j’ai envie d’écrire de la poĂ©sie narrative et spĂ©culative… mais je ne sais pas comment faire. C’est ballot. Il faut dĂ©terminer le fond ; il faut dĂ©terminer la forme. Quel travail !Â
Le plus simple serait certainement de lire davantage de poésie contemporaine, de voir ce qu’il est possible de faire dans le domaine, de renforcer mes compétences (assez maigres, faut le reconnaitre) par une pratique régulière… et, au final, de ne pas avoir peur de tracer sa route, d’essayer, d’être audacieux. En somme, vivre cela comme un jeu, une aventure, une expérimentation, plutôt que comme une entreprise risquée menant tout droit à l’échec et à la honte.
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## Samedi 10 janvier
Je crois que, très vite, il va devenir évident que l’agent du ICE avait compris que Renee Good était lesbienne (sa femme était non loin du véhicule) et qu’il s’agit d’un crime homophobe. Elle n’était un danger pour personne ; la vidéo qu’il a filmée le démontre sans le moindre doute.
Ainsi, seule l’idéologie peut justifier qu’on la tue de sang-froid et qu’on refuse que les secours n’interviennent. Le fait qu’il ait partagé cette vidéo en croyant que ça aiderait son cas prouve que, pour les fanatiques d'extrême-droite, Good était bien coupable : c'était une mère de famille insoumise.
Cette tragédie me donne envie de gerber.
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## Dimanche 11 janvier
*Secret Relationships* (2025) est un BL malsain, mais très intĂ©ressant car ce n’est pas tous les jours qu’on trouve ce genre de personnages.Â
En général, dans les productions grand public, les protagonistes se ressemblent tous. Leurs personnalités n’ont aucune aspérité. Ils sont facilement interchangeables et ne laissent aucune trace dans nos mémoires.
Dans un BL, afin de permettre aux spectateurices de s’identifier ou de se projeter dans la relation, beaucoup de personnages sont ternes ou fades. Leur psychologie est esquissée à gros traits. On leur attribue une ou deux caractéristiques, peut-être même un traumatisme qui les résume entièrement, pour les différencier sur le moment. Très souvent, ils servent de toiles blanches sur lesquelles nous sommes invités à peindre ce que nous voulons.
Dans *Secret Relationships*, Da On, un protagoniste assez fade, se retrouve être la victime d’un triangle amoureux. Je dis bien « victime », car un des prétendants est violent, tandis que l’autre est manipulateur. Le show est parfait pour rafraichir nos connaissances en géométrie amoureuse. En effet, le triangle se transforme vite en carré, quand l’homme parfait (gentil, attentionné, serviable) apparait dans la vie de Da On. Comme ce dernier a la poisse en amour, il rejette les avances de son collègue et continue d’être sous la coupe de Mr Manipulation tout en étant obsédé par le retour de Mr Violence dans sa vie. Le plus intéressant, ce n’est évidemment pas le prince Charmant et ses promesses de *happily ever after*, mais les deux détraqués du ciboulot qui, au nom de l’amour et de la passion, maltraite Da On jusqu’au drame final.
*Secret Relationships* est la preuve que le genre du BL gagne Ă flirter avec les *Liaisons dangereuses*.
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