# Semaine du 16 mars 2026
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## Lundi 16 mars
Trouvé sur Twitter :
« _The dildo of consequences rarely arrives lubed_ » — quelle expression percutante !
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## Jeudi 19 mars
« La situation actuelle suscite une profonde tristesse ; c’est pourquoi nous avons le thé.
Le thé n’est pas une solution à ce chagrin. Il en est le vecteur. C’est pourquoi j’écris ces lignes dans une chambre d’hôpital, en regardant la fine couche de neige laissée par la tempête d’hier fondre lentement, à vue d’œil, sur l’une des plus hautes montagnes du pays, sous la chaleur d’une seule journée. J’écris ces lignes en buvant du thé. Je compte les secondes après avoir versé l’eau chaude ; je laisse la saveur du thé envahir ma bouche et je note ce qui a changé d’une infusion à l’autre. Au fil des tasses, je fais de la place au chagrin d’un monde que les générations futures ne connaitront peut-être jamais.
Au bout du chagrin, il y a la détermination. Quoi qu’il arrive, nous avons le choix entre l’affronter avec bienveillance et solidarité, ou avec cruauté et isolement. Le chagrin est là . Que faisons-nous face à lui, et comment transformons-nous le monde dans son sillage ? Cela reste encore à voir.
Après le chagrin, on lave les tasses et on continue d’avancer. » (Courtney Milan)
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## Vendredi 20 mars
Jo Walton, l’écrivaine de SFFF, est une avide lectrice comme le montrent ses [chroniques](https://reactormag.com/tag/jo-walton-reads/) mensuelles sur Reactor.
Dans cet [article](https://reactormag.com/how-to-read-sixteen-books-at-once-at-all-times/), elle explique comment elle parvient à lire seize ouvrages en même temps. De quoi donner le vertige à ces auteurices qui, sur les réseaux sociaux, se targuent de ne pas avoir besoin de lire !
L’article n’est en rien prescriptif, Walton décrit simplement ce qui marche pour elle. Mais ce qu’il est intéressant de noter, c’est la variété de ses lectures : des romans, de la poésie, des essais, des lettres. Le régime alimentaire d’un écrivain se doit d’être diversifié ; lire seulement dans le genre que l’on écrit ne suffit pas. Bradbury lisait pareillement de la poésie, des romans, etc. C’est là le terreau de l’imagination. C'est ainsi que l'on apprend le métier.
Mon système n’est pas aussi bien huilé que le sien, mais je lis très souvent plusieurs ouvrages en même temps. Un essai ou deux, de loin en loin, avec un roman en parallèle.
En ce moment, avant de me coucher, je lis _La fin de Satan_ de Victor Hugo. Il y a quelque chose de très plaisant à finir sa journée avec des alexandrins. Au bout de quelques minutes, le cerveau se met à produire de lui-même des césures à l’hémistiche ; le rythme s’impose sur la pensée : six/six, six/six ou trois/trois/trois/trois, trois/trois/trois/trois. J’en suis aux deux tiers du recueil : sans surprise, les références bibliques abondent, mais ne compliquent pas pour autant la lecture. Quelques poèmes méritent vraiment d’être lus ; il y a parfois une émotion qui me surprend au détour d’une rime. Lire la poésie de Totor, c'est agréable, même si je m’interroge encore sur le thème général : qu’est-ce qui relie Satan, Nemrod et Jésus ? Certainement, le mal qui se répand sur la Terre…
Il me reste une soixantaine de pages, puis je retournerai à la _Légende des siècles_, à moins que je ne passe à un autre poète pour me nettoyer le palais.
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## Samedi 21 mars
« Les gens semblent bons tant qu’ils sont opprimés, mais ils ne souhaitent qu’une chose : devenir à leur tour des oppresseurs ; la vie n’est rien d’autre qu’une compétition pour devenir le criminel plutôt que la victime. »
― Bertrand Russell, Lettre à Ottoline Morrell
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## Dimanche 22 mars
Ce mois-ci, la boite découverte m’amène aux quatre coins du monde : un thé noir de la Corée du Sud, un thé vert du Vietnam, un autre du Japon et un oolong de la Colombie.
Plus les années passent et plus j’apprécie le thé vert. Les gouts évoluent, sans que l’on sache pourquoi. Les miens ne font pas exception.
Celui du Vietnam, qui vient de Là o Cai, au nord du pays, a la particularité de provenir de théiers sauvages. Il est récolté par les Hmong, un groupe ethnique du sud de la Chine et du nord de la péninsule indochinoise.
Celui du Japon provient d’une exploitation située dans la région de Kagoshima, au sud de l’ile de Kyūshū. C’est un sencha « fukamushi », c’est-à -dire qu’il a été longtemps cuit à la vapeur. Le résultat, dit-on, est une infusion vert sombre à la saveur riche et à l’arôme doux, sans amertume. Cette technique a été inventée dans les années soixante dans la préfecture de Shizuoka (au centre de l’ile de Honshū).
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