# Semaine du 20 avril 2026
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## Mercredi 22 avril
*‘It’s a truth universally acknowledged that a single country in possession of a large civilisation will not negotiate under threat and force.’*
L’Iran sait troller les États-Unis et, par la même occasion, démontre une meilleure connaissance de la littérature occidentale que les Américains (ou les Britanniques !) eux-mêmes.
Sur Sky News, le présentateur anglais ne reconnait pas le pastiche de Jane Austen, même quand sa coprésentatrice le relève. Il n’a même pas la grâce de prétendre être gêné par son inculture. C’est consternant, surtout pour un Britannique. Pas besoin d’avoir lu _Pride and Prejudice_ pour reconnaitre cette phrase ; elle est entrée dans la culture populaire anglophone si bien qu’on la trouve partout sur les réseaux sociaux, faisant l’objet de nombreux pastiches.
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## Jeudi 23 avril
À l’ère de la surinformation, la propagande est facile à repérer pour qui s’en donne la peine. Mais, souvent, elle est tellement bien installée, et ce depuis longtemps, qu’il est difficile de la voir. Prenons l’exemple de la Chine, cette dictature communiste responsable de tous les malheurs du monde.
_The Economist_, pourtant un média réputé, affirme qu’une nouvelle loi chinoise s’attaque aux langues régionales. Mais le texte de loi dit l’inverse : le but est de protéger les langues et dialectes locaux, en promouvant un bilinguisme officiel, tout en s’assurant que le Mandarin est compris de toustes. Les lois locales, tout comme la signalisation routière ou même l’enseignement, peuvent utiliser les langues régionales. Il n’y a aucune répression linguistique en Chine (contrairement à ce qu’on a pu voir au Royaume-Uni ou en France au 19e et au 20e siècles), mais l'esprit occidental se refuse à accepter cette réalité.
Voilà ce qu’écrit _The Economist_ sur Twitter : « La Chine compte 56 groupes ethniques, dont 55 sont en train d’être réprimés. Une nouvelle loi adoptée par le Parlement chinois marque une étape sombre dans la ligne plus dure adoptée par le Parti communiste en matière de politique ethnique. »
Ce niveau de désinformation est incroyable.
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## Vendredi 24 avril
Nous pourrions vivre un nouvel Âge d'or.
Nous produisons assez de richesses pour que la pauvreté soit un mauvais souvenir et que tout le monde vive dans la dignité et le confort.
Mais nous peinons sous le jougs du capitalisme, et nous voilà condamnés à travailler jusqu'à l'âge avancé de la retraite – moment de plus en plus incertain et différé –, exploités toujours plus afin de remplir les poches d'une élite de plus en plus immorale et convaincue de sa supériorité inhérente. Nous acceptons de vivre en enfer afin de satisfaire des psychopathes pédophiles, dont la soif de pouvoir et de richesse ne connait aucune limite.
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## Samedi 25 avril
L’alexandrin, noble et élégant, le gold standard de la poésie française, devient vite ennuyeux au bout de quelques vers. Heureusement, le jeu sur les rimes et les césures empêche la monotonie — c’est même ce qui fait tout l’intérêt du poème d’un point de vue formel.
C’est en lisant la poésie épique de Victor Hugo que je m’en suis rendu compte. Bien évidemment, ayant fait des études de lettres, je connaissais le catalogue sans fin des techniques poétiques (et son jargon !), mais je n’en avais pas fait l’expérience _en tant que lecteur_. Très tôt, j’ai appris à identifier les rejets et les contrerejets, mais l’effet de lecture m’est demeuré longtemps opaque. C’est tout le problème quand on étudie la poésie au lieu de la lire : l’analyse devient une fin en soi — et ce jeu intellectuel n’a aucun intérêt s’il nous empêche de *vivre* le poème.
En voulant expliquer pourquoi un poète est grand et sa création un chef-d’œuvre, on passe à côté de l’émotion qui est à l’origine de cette opinion. La poésie a une place centrale dans notre histoire littéraire. Dans de nombreuses cultures (pas seulement la nôtre), son statut est indéniablement supérieur à la prose… C’est difficile à comprendre dans un siècle où, le roman triomphant, elle semble reléguée à une note de bas de page. L’enseignement de la poésie, tel qu’il se pratique de nos jours (car j’imagine qu’il n’a pas beaucoup évolué depuis mon époque), est contreproductif : au lieu de susciter un amour du vers et de ses formes, de donner envie de lire et de continuer l'exploration en solitaire, il nous assomme d’ennui.
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## Dimanche 26 avril
Et un nouveau raté… Même les assassinats s’emmerdifient de nos jours…
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