# Cambridge, sous le soleil (27 juillet 2012)
C’est aujourd’hui que commencent les Jeux Olympiques à Londres… Mais plutôt que de vous parler d’un événement qui m’a fatigué bien avant d’avoir commencé, je vous propose aujourd’hui – pour la première fois dans _The British Chronicles_ – de sortir de Londres et d’aller explorer le _countryside_.
Dimanche dernier, alors que le poids de mon quart de siècle pesait sur mes épaules et renforçait mes rides, Hécate, qui était de passage dans la capitale d’Albion pour l’occasion, et moi-même avons pris le train en direction de Cambridge ! Nous sommes partis avec Greater Anglia et l’aller-retour a coûté un peu moins de £15 (que vous preniez un aller simple ou un aller-retour, le prix est étrangement le même !), et a duré une heure et demie.
La journée s’annonçait sous les meilleurs auspices : un soleil franc réchauffait l’air ambiant. Le voyage fut occupé à discuter tranquillement des pouvoirs de l’imagination et de la nature des rêveurs. Arrivés à la gare de Cambridge, nous fûmes accueillis par un ami qui vit depuis peu à nouveau dans cette ville : comment rêver d’un meilleur guide ? Par ailleurs, l’ami en question est un _fellow commoner_ de Pembroke College. Un _fellow commoner_ n’est pas un professeur (_fellow_), c’était à l’origine un étudiant de premier cycle (_undergraduate_) qui était autorisé à manger à la table des _fellows_. Dans le cas de mon ami, il s’agit d’un ancien élève de Pembroke (_alumnus_), qui finance généreusement une _fellowship_ – il permet à un docteur de poursuivre ses recherches à Cambridge et d’enseigner pour une durée déterminée. Il a la carte des membres de l’_University of Cambridge_, ce qui nous a permis de visiter de nombreux endroits fermés au public… Mais avant de vous parler plus avant de cette journée, il est peut-être nécessaire que je poursuive mes explications sur le fonctionnement de cette université très réputée – et c’est sur ces précisions d’ailleurs qu’a commencée notre visite !
L’_Academia Cantabrigiensis_ (tel est le nom latin de l’_University of Cambridge_) aurait été fondée au plus tôt en 1209 par des professeurs d’Oxford, partis suite à une dispute. Ceci explique les similitudes entre les deux universités que l’on désigne sous le nom d’_Oxbridge_. Cambridge est une _collegiate university_, ce qui veut dire qu’elle est composée de _colleges_ indépendants qui ont propriétés foncières et revenus propres. La ville compte 31 _colleges_ dont trois (Murray Edwards, Newnham et Lucy Cavendish) n’admettent que des femmes. Les autres sont aujourd’hui mixtes, même si à l’origine ils n’acceptaient que les hommes. Fondé en 1964, Darwin College – du nom du célèbre scientifique – fut le premier à accepter les deux sexes. Il faut attendre 1972 pour que les autres _colleges_ commencent à faire entrer des femmes dans leurs rangs. Le dernier à évoluer fut Magdalene en 1988. Chaque _college_ a sa politique d’admission : certains acceptent les _undergraduates_, d’autres n’ouvrent leurs portes qu’à ceux possédant déjà une licence (_postgraduates_), d’autres encore n’acceptent que les étudiants ayant plus de 21 ans ! Pour plus d’informations sur le fonctionnement de l’Université de Cambridge, je vous invite à vous reporter à la [notice très complète en langue anglaise de Wikipédia sur le sujet](https://web.archive.org/web/20121126173847/http://en.wikipedia.org/wiki/University_of_Cambridge).
Notre visite a commencé par une découverte de Pembroke College. Il a été fondé en 1347 par la française Marie de St Pol, épouse d’Aymer de Valence. Sa particularité fut durant plusieurs siècles d’accueillir de préférence des étudiants français qui avaient déjà suivi des études en Angleterre. Tout cela prit fin lors des guerres napoléoniennes – il ne faut pas exagérer non plus ! Bien dommage ! Car ce _college_, comme tous les autres d’ailleurs, est magnifique et donne une irrépressible envie à qui le visite de reprendre ses études ! Parmi les _alumni_ les plus célèbres, il y a William Pitt Jr, le plus jeune premier ministre dans l’histoire du Royaume-Uni (24 ans) ou encore Eric Idle, membre des _Monthy Python_ et fondateur de la _Idle Fellowship_ (pour les néophytes de la langue anglaise, _idle_ veut dire paresseux !) à Pembroke.
Après avoir visité quelques salles secrètes, vu le réfectoire – digne de Poudlard – où déjeunaient des étudiants d’été japonais et américains, et admiré l’ancienne bibliothèque et son joli miroir concave, nous avons repris notre déambulation dans la ville baignée par le soleil, en quête d’un pub où nous sustenter (car à Cambridge, on ne mange pas, on se sustente !) et veillant à ne pas nous faire renverser par des vélos, qui sont partout et en nombre impressionnant.
Après le déjeuner, passée l’horloge sur laquelle marche une sauterelle géante, nous sommes arrivés devant King’s College, un des ensembles architecturaux les plus impressionnants, notamment pour sa très belle et très grande chapelle. Le _College_, fondé en 1441, s’est agrandi au fil des siècles et chaque bâtiment reflète une période et un style différent. L’un de ses flancs est baigné par la Cam, une petite rivière typique où l’on peut faire du bateau (_punting_) en naviguant avec une grande perche. Entre chaque bâtiment, de magnifiques pelouses mais…
Merci de vous tenir éloigné de nos pelouses… Seuls les _fellows_ du College ont le droit d’y faire des galipettes !
Puis nous allâmes découvrir St John’s College, fondé au XIIIe siècle par Lady Margaret Beaufort,  et qui se vante d’avoir eu parmi ses _alumni_ (anciens élèves) neuf Prix Nobel, six premiers ministres, trois archevêques, au moins deux princes et trois saints !
La balade s’est poursuivie à travers les rues et nous sommes arrivés à Magdalene College (prononcez « Maud’lin »). Celui-ci, fondé en 1542, abrite la _Bibliotheca Pepysiana_ (1724), du nom du très célèbre diariste britannique, Samuel Pepys (1633-1703 ; prononcez « Pips »), dont le journal, qui témoigne de la Grande Peste, de la Deuxième Guerre anglo-néerlandaise et du Grand Incendie de Londres, n’a été publié qu’au XIXe siècle. La _Pepys Library_ accueille en son sein les 3000 ouvrages issus de la collection du diariste, dont la première édition des _Principes_ d’Isaac Newton !
Nous n’avons pas eu le temps, ni la force – il faut bien l’avouer – de faire une ballade en bateau – Hécate ayant refusé de mener la barque et de pousser avec la perche. Ce sera donc pour une prochaine fois. Nous avons préféré nous replier avec des pâtisseries achetées chez Pâtisserie Valérie dans la maison de notre hôte dans la campagne anglaise, à une demi-heure de marche du centre.
Puis, il fut temps de retourner Ă Londres oĂą des chats attendaient que je les nourrisse.