# Comme un air de Bollywood… (2 décembre 2011) Vous connaissez tous mon intérêt pour le cinéma… Les fidèles de la première heure (ceux qui lisaient _Les Plumes Asthmatiques_ quand ce n’était encore qu’un blog) savent que j’étais un fidèle d’UGC et que j’ai couvert toutes les avant-premières de septembre à avril dernier (si vous avez l’impression que j’exagère, n’hésitez pas à envoyer un courrier au rédacteur en chef qui me fera parvenir vos doléances). Mes fans personnels (vous pouvez vous _outer_, ce n’est plus une honte de me vouer un culte, m’a-t-on dit dernièrement) se souviennent même que j’ai un goût tout particulier pour le cinéma indien, cette grosse machine que l’on appelle « Bollywood ». Pour les curieux, lorsque SeriesEater, il y a quelques mois, avait demandé aux Plumiers leur musique préférée pour la Fête de la musique, j’avais choisi une scène tirée du film _Devdas_. J’avais ainsi justifié mon choix (que mes lecteurs les plus assidus qui connaissent par cœur l’ensemble de mon œuvre se permettent de sauter ce qui suit) : « Voici une chanson que je trouve très belle : de par sa thématique et son interprète (Miss Monde 1994 et ses yeux bleus magnifiques), mais aussi car elle est extraite du film indien _Devdas_, l’une des tragédies modernes les plus tragiques qu’il m’ait été donné de voir. Bollywood est le seul cinéma à nous proposer un art aussi complet (jeux d’acteurs, danses, chansons) et des histoires qui dégoulinent d’amour et de tragique (il faut avoir le goût du kitsh pour aimer les productions Bollywoodiennes). La notion même de tragique ne peut être réellement saisie qu’en regardant _Devdas_. Pour la petite info, _Devdas_ est adapté du roman éponyme de Sarat Chandra Chatterjee, publié en 1917 et écrit en bengali. La littérature n’est donc jamais très loin des belles musiques.  Alors voici sans plus attendre “_Silsila Yeh Chahat Ka_”, chanson extraite du film Devdas et chantée par la sublime  actrice, [Aishwarya Rai Bachchan](https://web.archive.org/web/20111207020548/http://fr.wikipedia.org/wiki/Aishwarya_Rai) : Si ce n’est un goût certain du recyclage, la raison pour laquelle je me permets de ressortir ces extraits d’articles poussiéreux est la suivante : j’ai dernièrement pris un abonnement illimité chez Cineworld, l’équivalent d’UGC ou de Gaumont outre-Manche. Pour £17,99 (ou £14,99 quand on ne veut pas aller aux cinémas du West End londonien), je peux aller voir autant de films que je veux dans une dizaine de cinémas de la capitale… Il est vrai que les conséquences ne se sont pas trop fait ressentir sur _Les Plumes Asthmatiques_. Je chronique rarement les films que je vais voir… soit que je sois peu inspiré par les dernières « bouses » du box office (pour une chronique de _Twilight 4_, allez donc lire [l’Odieux Connard](https://web.archive.org/web/20111207020548/http://odieuxconnard.wordpress.com/2011/11/21/twilight-4-revelation-ou-roupillon-on-hesite-encore-1ere-partie/)), soit que je manque de temps (et d’envie, avouons-le) en ce moment. Bref, vous ne savez rien de mes activités dans les salles obscures mais permettez aujourd’hui que je m’entretienne plus longuement d’un _guilty pleasure_. Comme je suis un garçon assez brouillon (l’état de ma chronique hebdomadaire en est une preuve éclatante), je ne vais pas suivre l’ordre chronologique… Certes, je ne souhaite vous entretenir que de deux films… donc si on y réfléchit bien, j’adopte juste un ordre différent… mais un ordre quand même. Oubliez ce que je viens de dire, je reprends : comme je suis un garçon absolument bien organisé, à l’esprit quelque peu rebelle toutefois, je vais commencer par le film que j’ai vu récemment : _Rockstar,_ puis j’enchaînerai avec la première production bollywoodienne que j’ai vue à Londres. Ce choix me permet de faire une transition habile avec les thématiques de _Devdas_, tout en adoptant une forme circulaire… Si vous n’avez pas compris ce dernier paragraphe, je vous propose simplement de regarder la bande-annonce de _Rockstar_. Alors _Rockstar_, c’est un peu _Devdas_ mais dans le monde de la musique et sans Shahrukh Khan (le Brad Pitt indien que l’on voit absolument partout). C’est à dire que l’on nous ressort le thème de l’amour impossible : Monsieur aime Mademoiselle qui va devenir Madame – mais la Madame d’un autre. Si _Devdas_ se passait dans une Inde historique du début du XXe siècle, _Rockstar_ s’inscrit pleinement dans le contemporain et s’européanise : les scènes d’ouverture et de clôture ont lieu à Vérone (Italie) et une partie du film se déroule à Prague (République Tchèque). Jordan, notre héros, comprend que s’il veut devenir un artiste, il doit connaître le grand amour, le seul et l’unique : celui qui fait mal (car c’est bien connu, les vrais artistes ont tous été dévastés par un ou plusieurs amours). Evidemment, il est loin de se douter de ce que ça veut dire « tomber amoureux ». Comme toujours à Bollywood, on ne fait pas les choses à moitié et ce n’est pas un bon film tragique si personne ne meurt… Chers spectateurs, préparez donc vos mouchoirs : vous devriez verser quelques larmes ! Bon évidemment, pour voir ce film (et toutes les autres productions indiennes), il faudra vous armer d’une patience olympienne : le film dure 2 heures et 25 minutes – avec un entracte au milieu (faut pas non plus exagérer !). Le budget du film s’élève à 12 millions de dollars environ et les recettes ont dépassé cette somme au bout de deux semaines. La BO contient 14 chansons qui se promènent dans le rock, le folk Gujarati et la musique soufi… L’autre film que je suis allé voir (le premier, si vous suivez toujours) était _Ra.One_. On y retrouve Shahrukh Khan, notre Brad Pitt indien, qui interprétait déjà le rôle de Devdas dans le film éponyme. Bollywood n’hésite plus à verser dans la science fiction à joli budget, et ça paie car, avec un investissement d’un peu plus de 27 millions de dollars, ce film a déjà rapporté plus de 40 millions depuis sa sortie fin octobre ! Qui dit indien, ne dit pas mauvaise qualité (arrêtons immédiatement ces clichés) : en effet, les effets spéciaux sont aussi bons que ceux d’Hollywood, sinon meilleurs, ce qui n’est pas étonnant vu que les indiens sont une nation de geeks (tiens, j’ai cru voir un gros cliché). La moitié du film se passe à Londres et la seconde partie à Bombay. En bon film hollywoodien (pardon, Bollywoodien), vous aurez droit à de très nombreuses cascades spectaculaires et des destructions de monuments publics à vous couper le souffle (et mourir de rire si vous avez le même esprit que le mien, ce que je ne vous souhaite pas)… A la différence des productions américaines, _Ra.One_ est aussi un film avec de nombreuses chansons, c’est un peu une comédie musicale ! Et une longue production avec ses 184 minutes (avec entracte, comme il se doit, quand vous le voyez au cinéma)…  _Ra.One_ est une très belle histoire. Un concepteur de jeu vidéo décide de créer un super-méchant pour faire plaisir à son fils, qui le trouve un peu naze (faut dire que quand on voit le père on aurait tous un peu honte de lui). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que le super-méchant se libère de son jeu et décide de détruire le monde réel ! Deux entités vont alors s’affronter : sous les traits du père, G-One, le héros au grand cœur et aux beaux yeux bleus (les lentilles font des miracles, je vous le dis) et son « arch-ennemi », Ra-One, qui est interprété par Arjun Rampal, que vous connaissez tous. Si, si, croyez-moi, vous le connaissez, la preuve : Voici un petit trailer pour vous donner un bien bref aperçu : Le défaut principal de ces deux films est la longueur qui heurte facilement le goût européen. Etant absolument immunisé contre le kitsh, l’esthétique bollywoodienne ne me déplaît pas et je trouve le jeu des acteurs particulièrement intéressant : chaque expression, chaque jeu de scène est toujours (ou presque toujours) surjoué… Les réactions des personnages semblent codifiées. Toutefois, il est possible que, n’ayant pas été élevé en Inde, ces codes m’apparaissent avec plus de netteté que les codes des acteurs occidentaux… Vous confronter à Bollywood est une expérience que je ne peux que vous recommander… Vous verrez du nouveau, des cadres dépaysants et des histoires inédites, sans parler de la musique sur laquelle vous pourrez gigoter dans votre siège. Vous mettrez votre goût et votre curiosité à rude épreuve et vous ferez montre d’une ouverture d’esprit que peu de gens osent afficher. Après, libres à vous, d’aimer ou d’aimer détester ! Nicopompus Qui envisage très sérieusement de porter le sari, tellement c’est trop la classe… Trois films à voir absolument: *_[Devdas](https://web.archive.org/web/20111207020548/http://fr.wikipedia.org/wiki/Devdas_\(film,_2002\))_ *_[Om Shanti Om](https://web.archive.org/web/20111207020548/http://fr.wikipedia.org/wiki/Om_Shanti_Om)_ *_[New-York Massala (Kal Ho Naa Ho)](https://web.archive.org/web/20111207020548/http://fr.wikipedia.org/wiki/New_York_Masala)_ [[_Accueil]] [[_The British Chronicles (2011-2013)]]