# Le London Underground a 150 ans (22 mars 2013)
Le 10 janvier 1863, le métro de Londres voyait le jour et transportait ses premiers passagers. Un siècle et demi après, il est toujours là , devenu un incontournable du paysage de la capitale d’Albion. Avec 402 km de rails, dont 45 % seulement se situent sous terre, l’_Underground_ est le 4e réseau le plus étendu après ceux de Séoul, Shanghai et Beijing.
## **Le plus vieux métro du monde**
En 1855, un acte du parlement approuve la construction d’un réseau de rails souterrain entre Paddington Station et Farringdon Street via King’s Cross. Ce n’est que cinq années plus tard, grâce au travail assidu de Charles Pearson (qui mourrut avant l’ouverture de la première ligne), que les travaux commencent. Si le _Metropolitan Railway_ est inauguré le 9 janvier 1863, les usagers ne sont admis que le lendemain et, après quelques mois, la ligne accueille 26 000 passagers par jour. Le 13 juin 1864, c’est au tour du _Hammersmith and City Railway_ d’ouvrir ses portes, offrant un service de transport entre Hammersmith et Paddington. Durant plus d’un siècle, ce n’est pas moins de 11 _lines_ qui sont ainsi ouvertes au fil des besoins. Si des compagnies privées exploitaient ces lignes à l’origine, dès 1933, ces dernières sont intégrées à un réseau géré par London Transport.
L’_Underground_ est surtout connu sous le terme familier de _Tube_, très répandu, que vous trouverez aussi bien dans le parler des londoniens que dans les publicités officielles. Il désigne de nos jours l’ensemble du système de transport souterrain alors qu’il servait à l’origine à différencier les lignes qui étaient creusées en profondeur et qui utilisaient des wagons plus petits (comme ceux de la _Central line_) de celles sous la surface, « _cut-and-cover_ » (creusées et recouvertes), qui furent les premières à être construites et qui utilisaient des machines à vapeurs.
## **11 lignes, 11 couleurs, 4 directions**
S’orienter dans le métro londonien est chose facile (à quelques exceptions près) : si une ligne va en direction du nord, elle est dite « _Northbound_ » ; l’autre quai va très souvent dans la direction opposée, vers le sud (indiquée « _Southbound_ »). Nul besoin de chercher ou de connaître le terminus de la ligne pour trouver son chemin dans les couloirs, parfois très bondés. L’axe horizontal (si l’on regarde une _map_ du _tube_) est l’alternative : la rame peut vous transporter vers l’ouest (« _Westbound_ ») ou en sens inverse vers l’est (« _Eastbound_ »). Toute la signalétique reprend cette division simple. A l’usage, l’_Underground_ est plus simple d’utilisation que le métro parisien, surtout pour les touristes. A noter que le sens de circulation sur les escalators est le même que celui pratiqué en France : il vous est demandé de « tenir votre droite », pour laisser passer les plus pressés sur votre gauche.
Comme à Paris, les _lines_ du Tube ont des couleurs qui permettent au touriste, bien plus qu’au londonien, qui les connaît par leur nom, de se repérer. Ouverte en 1900, la plus longue de toutes est la Central Line (rouge) avec ses 74 km et ses 49 stations. Malgré ses 183 millions de voyageurs annuels, elle n’est pas la plus fréquentée : la Northern Line (noir) accueille chaque année plus de 200 millions de personnes dans ses 50 stations, réparties sur 57 km. La plus petite, ouverte en 1898, est la Waterloo & City, de couleur turquoise, qui s’étend sur 2,4 km et dont le trafic annuel est inférieur 10 millions de passagers. La plus récente est la Jubilee Line (gris), desservant 27 stations et permettant à 127 millions de touristes et londoniens de voyager sur 36, 2 km de rails.
## **Le Tube au quotidien**
Les deux lignes que j’utilise le plus sont la District Line (vert, 1868) et la Piccadilly Line (bleu foncé, 1906). La plupart du temps, avec un peu de chance, ce mode de transport est supportable. Je le préfère quoiqu’il arrive au réseau de bus (trop complexe pour mon pauvre cerveau). Cependant, plus de 3 millions de passagers empruntent l’Underground chaque jour. C’est beaucoup et le voyage, surtout aux heures de pointe, peut devenir très vite pénible.
Contrairement à la région parisienne, où l’on peut voyager à prix raisonnable, grâce aux aides financières des collectivités locales, le Tube londonien est cher. A la semaine, pour les zones 1 et 2, je paie depuis le début de cette année £30, 40 par semaine. Je ne ferai pas le calcul au mois tellement ces _fares_ élevés me dépriment. Sachez que ces revenus permettent de financer à 86% les travaux d’entretien et d’expansion du Tube. Beaucoup de Londoniens se plaignent de ce véritable budget que nous sommes obligés d’allouer à nos déplacements. Avec ses annulations de trains, ses retards, ses _peak hours_ où il est impossible de s’asseoir lors un trajet qui peut durer facilement 45 minutes, quand ce n’est pas le double, _Transport for London_ doit constamment redorer son image – et proposer de nouveaux services, comme le WIFI gratuit dans les stations. Si depuis cet été, après les Jeux Olympiques, les choses se sont arrangées, durant 2011 et la première moitié de 2012, le réseau a été fermé à de nombreuses reprises sur des tronçons entiers de lignes durant les week-ends afin de rénover le réseau et accueillir les millions de touristes qui allaient déferler sur la ville pour cet événement sportif d’importance internationale. Il était devenu hasardeux de sortir en fin de semaine sans vérifier le site [_TFL_](http://www.tfl.gov.uk/), le compagnon indispensable du londonien en mouvement.
## **Culture** **_Underground_**
Beaucoup de choses devraient être dites sur l’art et le Tube, mais ceci fera peut-être l’objet d’une _TBC_ future. Pour essayer de suivre l’actualité londonienne, je vous signale que, du 5 mars à fin avril 2013, une petite exposition a lieu au Bishopgate Institute. L’entrée est gratuite et le visiteur peut voir 10 dessins, photographies ou réalisations sur iPad proposés par les lecteurs du _Londonist_ qui mettent en scène le Londres souterrain. L’occasion de découvrir les réalisations de la russe Nadja Ryzhakova, que vous pouvez suivre sur [Facebook](http://www.facebook.com/iPaintings), et qui fait de l’art sur iPad (iPainting).
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